L’édition 2009 du Baromètre Outsourcing Ernst &Young vient d’être publié véhiculant des informations de première main sur l’externalisation en Tunisie, pratique à laquelle la proportion d’entreprises ont recours a atteint un taux de 89% en 2009 contre 63% en 2007.
A la faveur de la vulgarisation de l’Outsourcing, la crainte de perte de contrôle de la fonction externalisée n’est plus dès lors qu’un frein mineur à cette pratique. D’autant moins que, désormais, « la principale crainte des entreprises porte sur d’éventuelles prestations de mauvaise qualité, lors de l’externalisation de fonctions clés liées au cœur de métier ».
Pour élaborer son Baromètre, Ernst & Young a interviewé 130 dirigeants d’entreprises dont 67% ont déclaré savoir ce qu’est l’externalisation, un taux en progression par rapport à 2007 où cette proportion se situait tout juste à 55%.
Le deuxième enseignement qui se dégage du Baromètre 2009 est que le taux d’externalisation en Tunisie avec 89% dépasse celui de l’Europe (70%), se rapprochant toutefois du niveau de certains pays européens tels que la Belgique (81%), ce qui signifie que l’externalisation en Tunisie est devenue une pratique courante s’expliquant par le doublement de la proportion de la population dite « très satisfaite » de l’externalisation.

Force est cependant de constater que ce sont les entreprises de grande taille qui externalisent le plus. Chez celles dont l’effectif est au dessus de 100 employés, le taux de recours à l’externalisation dépasse les 90%.
On notera toutefois ce que le Baromètre appelle un bond en avant du taux d’externalisation des petites entreprises de moins de 50 employés ( 88% en 2009 contre 53% en 2007) en raison de l’augmentation des taux d’externalisation de certaines fonctions telles que la formation ( 4 fois la proportion de 2007 ) et la maintenance immobilière.

S’y ajoute un autre constat qui reflète un resserrement de l’éventail des fonctions externalisées à travers un Outsourcing plus ciblé. En effet, en 2007, près de la moitié des entreprises sondées externalisaient 6 fonctions et plus, alors qu’en 2009, elles ne représentent plus qu’un tiers de l’échantillon.
La production enregistre un recul par rapport à 2007 consécutif à la diminution de moitié de L’externalisation de la Recherche & Développement. Toutefois elle demeure en tête des fonctions externalisées suivie des services généraux et des fonctions de ressources humaines.
En revanche, les fonctions marketing et communication ne sont pas fortement externalisées, à cause notamment de la « non formalisation des stratégies de relations chez la plupart des entreprises interrogées ».

Il n’en demeure pas moins que ce sont les fonctions liées à la maintenance qui figurent au Top 5 des fonctions externalisées, alors que deux nouvelles fonctions font leur apparition dans le Top 10, à savoir la gestion des réseaux informatiques et la communication externe, la première étant facilement déléguée à des tiers et la seconde connaissant une évolution notable avec l’avènement des centres de contacts et des agences de communication.
Au demeurant, l’utilisation d’une fonction spécifique de pilotage des contrats d’externalisation observe un net recul en 2009.Cette tendance reflète la baisse du nombre des fonctions externalisées.
Maitrise des coûts et optimisation de la qualité
Environ une entreprise sur deux a recours à l’externalisation pour réduire et maitriser les coûts, à cause évidemment de la conjoncture économique actuelle. Mais, il y a aussi le manque de compétences en interne et le souci d’optimisation de la qualité.
Une entreprise sur quatre pense que l’externalisation permet de recentrer l’entreprise vers son métier de base alors que la plupart des entreprises publiques inscrivent l’externalisation dans le cadre de l’essaimage.
Il est essentiel de noter que la crainte majeure liée à l’externalisation est la mauvaise qualité des prestations, cependant que 32% des répondants déclarent spontanément l’absence d’inconvénients, ce qui confirme le niveau élevé de satisfaction.
Il reste que moins du quart des entreprises interrogées ont inscrit une démarche d’externalisation dans leurs prévisions à moyen terme. Ce chiffre est à la baisse par rapport à 2007.On n’en remarque pas moins que cette tendance est similaire aux moyennes européennes (22%).