Tunisie et Offshore (10)

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Le 14 janvier 2011, un jour historique en Tunisie. Nous avons réalisé quelques chose qui n’a jamais pus être réalisé en Tunisie et dans tout le monde arabe. La révolution de jasmin
(voir en détails http://fr.wikipedia.org/wiki/Révolution_de_jasmin)
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Nous avons prouvé que la Tunisie pouvait être toujours la meilleure.Â
Qualité et Offshore : une équation pas toujours évidente
Développer un projet IT en offshore peut s'avérer particulièrement bénéfique, sous réserves de définir et de mettre en œuvre un processus de suivi de projet intégrant la dimension de mesure de la qualité.
Dans un contexte économique tendu, les entreprises de tous secteurs cherchent à optimiser leurs différents coûts de production ou de fabrication. Cela est particulièrement frappant dans l’industrie des nouvelles technologies. Ainsi, les professionnels du secteur, éditeurs, SSII voire les DSI, font appel à des plateaux de développement en offshore pour développer leurs projets ou logiciels. Parmi les régions les plus en vogue, se distinguent notamment l’Inde, les pays du Maghreb comme la Tunisie, certains pays de l’Europe de l’Est, l’Ile Maurice ou encore la Chine. Leur promesse : de solides compétences technologiques, une main-d'œuvre bon marché, une flexibilité des équipes et une capacité à livrer rapidement les projets.
Proximité du marché européen, vaste potentiel touristique et une diversificationn de l'économie fait de la Tunisie un pays qui présente des atouts significatifs. Sans compter que l'accord de partenariat avec l'Union européenne a entraîné une progressive mise à niveau de l'industrie, des infrastructures et du secteur financier. L'équipe du cabinet de conseil Mazars pointe les points forts de la Tunisie.
Le 2ème salon de l’outsourcing : un bon exorde pour un secteur en plein boom !
Avec la participation de quelques dizaines d’exposants, la deuxième session du Salon de l’externalisation a ouvert ses portes, le mercredi 15 mars2009. Avec une appellation à laquelle ’est venu s’ajouter le « IT Solutions », le Salon englobe pour cette session plus d’une spécialité et a par conséquent attiré encore plus d’exposants venant de nouveaux horizons. L’impression qui a été partagée par presque tous les exposants était celle du « thème très pointu du Salon », des entreprises pour leur majorité filiales d’entreprises européennes notamment françaises, des start-up tunisiennes ayant fait leur chemin dans différents domaines informatiques ainsi que des entreprises maghrébines et égyptiennes ont ouvert leurs stands pour des contacts de proximité pour les chefs d’entreprises. Les cabinets d’études, chapeautés et par le syndicat national et par l’un des leaders, à savoir le cabinet Ernest & Young, ont aussi attiré l’attention pendant cette première journée, étant donné que tout le monde attendait le baromètre de l’externalisation préparé par le cabinet E&Y, et qui informe dans les détails de l’état de l’externalisation en Tunisie.
Un Salon qui attire de plus en plus de partenaires : tant mieux !
Organisé en collaboration avec la SSII (syndicat des entreprises de services informatiques) et le syndicat des bureaux d’études relevant de l’Utica (Union Tunisienne de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat), le « Salon de l’Outsourcing et IT solutions » a été inauguré par El Haj Gley, ministre des Technologies de la Communication, qui a profité de l’occasion pour souligner son encouragement au comité d’organisation du Salon et pour son thème, rappelant ,dans cet ordre d’idées, que l’ambition de l’Etat Tunisien est d’encourager le flux des IDE (Investissements Directs Etrangers) dans le secteur de communication et des nouvelles technologies. Mustapha Mzegheni, Président du comité d’organisation du Salon, a pour sa part souligné l’importance du salon, qui, selon lui, tire son’importance du succès de sa première session ainsi que celle des thèmes qu’il essaye d’enraciner chez la communauté d’affaires tunisienne. Selon lui, « dans ce contexte de crise, de nouveaux secteurs d’activités s’ouvrent devant les chefs d’entreprises tunisiennes, qui peuvent bénéficier de ces nouvelles techniques, telles que l’externalisation des services dans l’off-shoring ou le near shoring, ce qui permettrait aux entreprises de se concentrer sur le cœur de leurs métiers, et par conséquent permettre à l’entreprise d’innover et d’assurer sa pérennité ». Pour Kais Sellami, président de « SSII- Infotica », le salon est l’une des manières avec lesquelles les entreprises tunisiennes ayant connu un succès dans leur spécialité de se manifester. « Nous avons de très bonnes succeess- story à l’échelle internationale, a-t-il dit, mais elles sont méconnues à l’échelle nationale, le salon offre à ce genre d’entreprises de se montrer et de collaborer avec ses homologues tunisiennes dans de différents domaines ». La participation de quelques entreprises maghrébines et égyptiennes permet, souligne encore K Sellami, aux entreprises de ces pays de cordonner leurs efforts de façon horizontale, ce qui leur permettrait de s’orienter vers les pays africains de façon plus étudiée.
Le baromètre de l’outsourcing ; un bon démarrage de l’outsourcing en Tunisie !
L’un des moments de cette première journée du Salon était celui de l’annonce des résultats du baromètre de l’outsourcing en Tunisie pendant les années 2007-2009. Ce sondage effectué sur un échantillon de 130 entreprises tunisiennes a dégagé des résultats encourageants pour cette activité assez récente en Tunisie, des résultats qui avoisinent, comme l’a souligné le représentant du cabinet Ernest & Young, Sami Zarrouk « les moyennes enregistrées dans les pays européens ». Par secteurs capables d’aider les entreprises à sortir de la crise, les entreprises interrogées ont à hauteur de 46% indiqué que le secteur des équipements de télécom peut le faire, suivi par le secteur des produits manufacturés à 14%, puisi par les banques et les institutions de finance à hauteur de 13%, les services B to B ont été les moins appréciés à 7%. Interrogées sur les meilleures actions à entreprendre pour pouvoir sortir indemne de la crise, 40% des entreprises sondées ont annoncé que le retrait des activités hors du cœur de leurs métiers est la décision à prendre, alors que 31% d’entre elles ont répondu que délocaliser vers des destinations à bas coûts est la meilleure solution. Dans ce baromètre, 70% des entreprises interrogées ont montré leur intérêt pour l’outsourcing, alors que 30% seulement optent pour la filialisation. Pour 67% des entreprises interrogées, l’externalisation cultive une notion assimilée, ceci n’a pas empêché 70% des entreprises européennes et 89% des entreprises tunisiennes de recourir à l’outsourcing. Ce chiffre se traduit aussi par le nombre croissant des entreprises qui ont recours à l’externalisation de plus de 6 de leurs fonctions, qui est à 49%.Dans le Top 10 de ces fonctions externalisées, on trouve la maintenance immobilière à 48%, la formation à 36% et la maintenance applicative à 43%.
Pour ce qui est des fonctions IT, on note que 69% des entreprises interrogées ont recours à l’externalisation dans le secteur de la gestion des ressources, alors que 67% recourent à maintenance applicative et 9% seulement recourent à la gestion de bureau.
9 entreprisses sur 10 ont recours à l’externalisation
L’édition 2009 du Baromètre Outsourcing Ernst &Young vient d’être publié véhiculant des informations de première main sur l’externalisation en Tunisie, pratique à laquelle la proportion d’entreprises ont recours a atteint un taux de 89% en 2009 contre 63% en 2007.
A la faveur de la vulgarisation de l’Outsourcing, la crainte de perte de contrôle de la fonction externalisée n’est plus dès lors qu’un frein mineur à cette pratique. D’autant moins que, désormais, « la principale crainte des entreprises porte sur d’éventuelles prestations de mauvaise qualité, lors de l’externalisation de fonctions clés liées au cœur de métier ».
Pour élaborer son Baromètre, Ernst & Young a interviewé 130 dirigeants d’entreprises dont 67% ont déclaré savoir ce qu’est l’externalisation, un taux en progression par rapport à 2007 où cette proportion se situait tout juste à 55%.
Le deuxième enseignement qui se dégage du Baromètre 2009 est que le taux d’externalisation en Tunisie avec 89% dépasse celui de l’Europe (70%), se rapprochant toutefois du niveau de certains pays européens tels que la Belgique (81%), ce qui signifie que l’externalisation en Tunisie est devenue une pratique courante s’expliquant par le doublement de la proportion de la population dite « très satisfaite » de l’externalisation.

Force est cependant de constater que ce sont les entreprises de grande taille qui externalisent le plus. Chez celles dont l’effectif est au dessus de 100 employés, le taux de recours à l’externalisation dépasse les 90%.
On notera toutefois ce que le Baromètre appelle un bond en avant du taux d’externalisation des petites entreprises de moins de 50 employés ( 88% en 2009 contre 53% en 2007) en raison de l’augmentation des taux d’externalisation de certaines fonctions telles que la formation ( 4 fois la proportion de 2007 ) et la maintenance immobilière.

S’y ajoute un autre constat qui reflète un resserrement de l’éventail des fonctions externalisées à travers un Outsourcing plus ciblé. En effet, en 2007, près de la moitié des entreprises sondées externalisaient 6 fonctions et plus, alors qu’en 2009, elles ne représentent plus qu’un tiers de l’échantillon.
La production enregistre un recul par rapport à 2007 consécutif à la diminution de moitié de L’externalisation de la Recherche & Développement. Toutefois elle demeure en tête des fonctions externalisées suivie des services généraux et des fonctions de ressources humaines.
En revanche, les fonctions marketing et communication ne sont pas fortement externalisées, à cause notamment de la « non formalisation des stratégies de relations chez la plupart des entreprises interrogées ».

Il n’en demeure pas moins que ce sont les fonctions liées à la maintenance qui figurent au Top 5 des fonctions externalisées, alors que deux nouvelles fonctions font leur apparition dans le Top 10, à savoir la gestion des réseaux informatiques et la communication externe, la première étant facilement déléguée à des tiers et la seconde connaissant une évolution notable avec l’avènement des centres de contacts et des agences de communication.
Au demeurant, l’utilisation d’une fonction spécifique de pilotage des contrats d’externalisation observe un net recul en 2009.Cette tendance reflète la baisse du nombre des fonctions externalisées.
Maitrise des coûts et optimisation de la qualité
Environ une entreprise sur deux a recours à l’externalisation pour réduire et maitriser les coûts, à cause évidemment de la conjoncture économique actuelle. Mais, il y a aussi le manque de compétences en interne et le souci d’optimisation de la qualité.
Une entreprise sur quatre pense que l’externalisation permet de recentrer l’entreprise vers son métier de base alors que la plupart des entreprises publiques inscrivent l’externalisation dans le cadre de l’essaimage.
Il est essentiel de noter que la crainte majeure liée à l’externalisation est la mauvaise qualité des prestations, cependant que 32% des répondants déclarent spontanément l’absence d’inconvénients, ce qui confirme le niveau élevé de satisfaction.
Il reste que moins du quart des entreprises interrogées ont inscrit une démarche d’externalisation dans leurs prévisions à moyen terme. Ce chiffre est à la baisse par rapport à 2007.On n’en remarque pas moins que cette tendance est similaire aux moyennes européennes (22%).
Bilan "satisfaisant" de la visite de François Fillon en Tunisie
Pour la mise en oeuvre des projets prévus par ces accords, la France débloquera une enveloppe financière globale de 80 millions d'euros, dont 65 destinés à la gestion de l'eau et 15 à la formation.
Fillon vante la réussite économique de la Tunisie et sa "démocratisation"
TUNIS (AFP) — François Fillon a poursuivi vendredi sa visite de travail en Tunisie en vantant ses résultats économiques "impressionnants" malgré la crise qui s'accompagnent selon lui d'une "démocratisation", à quelques mois d'élections générales sans garantie de compétition réelle.
Le chef du gouvernement français a jugé "fructueux" ce déplacement car il a permis de "tenir tous les engagements pris" par Nicolas Sarkozy lors de sa visite officielle l'an dernier: accords de coopération en matière de nucléaire civil et de transports notamment.
"C'est un lieu commun de dire que les relations franco-tunisiennes sont excellentes et nous voulons encore les développer", a affirmé M. Fillon devant des chefs d'entreprises tunisiens et français réunis pour un forum sur la crise économique.
Un marasme mondial dont la Tunisie se sort plutôt bien avec une prévision de croissance d'environ 3% en 2009 selon Paris (4,5% selon Tunis). "La Tunisie, grâce à une gestion prudente, a des fondamentaux solides et présente des résultats impressionnants", a jugé M. Fillon.
La France, déjà premier partenaire économique de Tunis, espère profiter de cette manne en augmentant les échanges commerciaux et en conquérant de nouvelles parts de marché. Quelque 1.200 entreprises françaises, qui emploient un peu plus de 100.000 Tunisiens, sont déjà installées en Tunisie.
M. Fillon s'est félicité de l'intention de la Tunisie de commander 16 rames de tramway au français Alstom de 65 millions d'euros.
Et si Paris n'a pas l'intention de "réduire son aide" malgré les difficultés économiques comme l'a expliqué M. Fillon, c'est aussi dans l'espoir de décrocher de nouveaux contrats.
Outre les 80 millions d'euros de l'Agence française de développement (AFD) accordés jeudi, M. Fillon a annoncé 15 millions d'euros pour construire une école d'ingénieurs à Bizerte.
Par ailleurs, des accords de partenariat ont été conclus vendredi entre le pôle de compétitivité tunisien d'El Ghazala et trois pôles français (Paris, Lyon et Sophia-Antipolis) "pour être plus forts sur les marchés asiatique et américain".
Temps fort de cette seconde journée: un entretien avec Zine El Abidine Ben Ali. Outre les dossiers diplomatiques du moment dont l'Union pour la Méditerranée (UMP), M. Fillon a assuré "avoir évoqué" avec le président tunisien les droits de l'Homme et la démocratie.
"Nous les évoquons à chaque fois que nous avons l'occasion de nous rencontrer et nous le faisons dans l'esprit d'améliorer les choses", a-t-il dit en répondant à la presse française. Jusque-là , François Fillon avait fait l'impasse sur ce sujet sensible.
En avril 2008, M. Sarkozy s'était risqué sur ce terrain pour louer les "efforts" de la Tunisie, déclenchant une polémique en France.
En Tunisie, "la démocratisation est un processus continu", selon M. Fillon. Il s'est ainsi félicité de la volonté du président tunisien d'appeler des observateurs internationaux aux prochaines élections.
M. Ben Ali briguera à l'automne un cinquième quinquennat avec la quasi-certitude d'être réélu face à une opposition marginalisée.
Nombre d'opposants et de défenseurs des droits de l'Homme tunisiens se plaignent régulièrement d'atteintes aux libertés qui se traduisent notamment par des intimidations et des menaces.
"La France, a plaidé M. Fillon, a une attitude bien connue: nous ne donnons pas de leçons et en même temps nous sommes très attentifs à la question du respect des droits de l'Homme".
La Tunisie bénéficiera du transfert du know-how français pour développer de nouveaux métiers, notamment dans les secteurs rattachés aux technologies de l’information et de la communication et à l’offshoring. Ceci requiert une réforme profonde de la formation des ingénieurs. Les services liés à l’informatique, au développement des logiciels, aux services des télécommunications, ont connu une forte participation française, au cours de la dernière période, a-t-on souligné lors du dernier forum organisé par l’UTICA et le MEDEF. La Tunisie, ambitionne de devenir, à travers ces partenariats, une plateforme d’exportation des services à valeur ajoutée vers le Maghreb et le Moyen-Orient.
Le projet de l’e-government, dont le représentant de Génitech France, a évoqué les tenants et aboutissants au cours dudit forum s’inscrit dans ce cadre.
Génitech Tunisie est présente dans nos murs depuis presque une année. Elle contribue au transfert d’expertise d’e-government (administration électronique) vers la Tunisie, ainsi qu’à renforcer la formation des ingénieurs tunisiens et à nouer des partenariats avec les sociétés tunisiennes en matière d’e-governement. La finalité ultime est de créer une plateforme d’expertise en Tunisie, lui permettant d’exporter vers le Maghreb et le Moyen-Orient, souligne son représentant.
Les chefs d’entreprises français qui ont vanté les atouts de ce partenariat renforcé par l’innovation et le développement technologique conjoint, ont mis l’accent sur l’enjeu fondamental de la formation pour réussir les pôles de compétitivité.
En écho aux exigences des patrons, les officiels des deux pays disent tout l’intérêt qu’ils accordent d’ores et déjà à la professionnalisation de l’enseignement supérieur. En effet, 2/3 des licences enseignées en Tunisie sont des licences professionnelles, souligne Lazhar Bououni, ministre de l’Enseignement supérieur. Sans compter le développement des stages au sein de l’entreprise grâce à des conventions signées avec différentes Chambres de l’UTICA.
Son homologue française, Valérie Pécresse, abonde dans ce sens et évoque la convention- cadre signée jeudi entre les deux ministères de l’Enseignement supérieur français et tunisien, qui met l’accent sur la création de nouvelles formations professionnalisantes. Par ailleurs, 25 projets de licences professionnelles devraient voir le jour en septembre prochain, fruit d’un partenariat franco-tunisien. Elles s’ajouteront aux 25 licences similaires qui ont été mises en place en septembre 2008.
Le financement français de la création de l’école nationale d’ingénieurs de Bizerte et le nouveau partenariat établi entre l’école nationale d’ingénieurs de Tunis et l’école nationale supérieure de techniques avancées de France s’inscrivent dans le cadre de la professionnalisation de l’enseignement supérieur. La France accompagne ainsi la Tunisie dans sa volonté de doubler l’effectif des ingénieurs d’ici 2012.
Créateur de richesses et générateur de croissance, le secteur de services semble être le cœur de cible des politiques économiques en Tunisie. « Nos estimations récemment actualisées tablent sur une croissance du PIB en 2009 de 4,5 %, à la faveur de la croissance du secteur de services de 6 % et 2 % du service manufacturier », souligne Ridha Touiti, ministre du Commerce.
Le ministre a évoqué les opportunités existantes dans les activités de services rattachés aux technologies de l’information et de la communication et à l’offshoring, «ce qui répond à la structure du marché de l’emploi constitué de diplômés de l’enseignement supérieur ».
Ce faisant, Ridha Touiti, souligne que le schéma de développement prévoit une croissance des investissements privés de l’ordre de 4,2 % en termes constants et 7,7 % en termes courants.
Ceci est possible grâce aux investissements locaux mais aussi aux investissements étrangers pour lesquels les prévisions de 2009 tablent sur la mobilisation du volume de l’ordre de 2 milliards DT.
Ces investissements sont à même de relancer le commerce extérieur qui constitue 46 % du PIB de la Tunisie. Avec 80 % de nos exportations qui vont au marché européen.
Mais en ces temps de crise, les voyants sont au rouge. De là à dire que ces nouveaux partenariats permettraient à la Tunisie de tirer son épingle du jeu, il y a un pas qui n’est pas encore franchi.
Côté coulisses de la visite de François Fillon à Tunis
Rencontres, entretiens, discours, mais aussi des petites phrases percutantes et des images : la visite à Tunis du Premier ministre français, François Fillon, couronnée par un franc succès, n’a pas été avare en gestes significatifs. Coulisses.
Ponctualité. Le timing a été parfaitement respecté, en véritable montre suisse. Venant de Carthage après l’audience avec le Président Ben Ali, le vendredi 24 avril, les deux Premiers Ministres, François Fillon et Mohamed Ghannouchi, annoncés à midi, étaient arrivés au siège de l’Utica, clôre le Forum d’Affaires, 5 minutes en avance. Le temps de saluer les dirigeants de la centrale patronale et de faire leur entrée, à l’heure précise, dans la grande salle archi-comble.
Chinois. Par la clarté de ses propos, le Premier Ministre Ghannouchi ne saurait être taxé de « parler chinois ». Mais, certaines subtilités de cette langue ne semblent pas lui échapper. Pour illustrer son analyse sur les potentiels cachés qui peuvent se révéler à travers la crise, il rappelle le sens du mot crise dans la langue de Confucius. Crise est, en chinois, Wei Ji, une composition de deux mots fort significatifs: risque (Wei) et opportunité (Ji). Comme l’explique si bien M. Ghannouchi, dans chaque opportunité, il y a un risque, comme dans chaque opportunité réside un risque. L’essentiel c’est de réduire au minimum le risque pour accroître au maximum l’opportunité. Une grande sagesse.
Une histoire italienne. François Fillon ne manque pas de finesse. Juste pour introduire une note d’humour, il cite cette blague de Berlusconi. Interrogé sur la crise, Il Cavallero dit- que de toute façon, l’Europe du Sud ne connaît pas de crise puisqu’elle ne parle pas anglais !
Statistiques. Combien au juste ? Qu’il s’agisse du nombre d’entreprises françaises installées en Tunisie ou des emplois qu’elles ont créés, les chiffres mentionnés diffèrent selon les sources. C’est finalement, le Ministre de l’Industrie, de l’Energie et des PME, Afif Chelbi qui mettra tout le monde d'accord en donnant les vraies statistiques : 1212 entreprises et 108000 emplois.
Plus qu’une entreprise par semaine. Tous les 5 jours, il y a une entreprise française qui s’installe en Tunisie. Luc Chatel, Secrétaire d’Etat, qui représente au sein de la délégation de François Fillon "le pôle Bercy", le souligne avec admiration. Une véritable performance.
Think Tunisia. Première révélation du nouveau clip promotionnel produit par le Ministère de l’Industrie, dans le cadre de la campagne de communication de la stratégie Industrie 2016. En 30 secondes, sur un ton alerte, le clip prononce un verdict sans appel : vous voulez réussir, installez-vous en Tunisie. Bien joué ! Toute la campagne sera présentée à la presse internationale ce mercredi matin à Tunis, en présence des Ministres Chelbi, Touiti et Jouini et de Hedi Djilani.
Chevilles ouvrières. La diplomatie a joué un rôle discret mais très efficace dans la réussite de cette visite. Tant au niveau du Quai d’Orsay à Paris qu'à celui de la colline du Belvédère à Tunis, mais aussi au niveau des conseillers diplomatiques à Matignon comme à la Kasbah, tout était préparé avec minutie. Au cœur du dispositif, les Ambassadeurs des deux pays, MM. Mohamed Raouf Najjar, à partir de la rue Barbet de Jouy, et Serge Degallaix, sur l’avenue Bourguiba, ont été sur tous les dossiers, mettant parfaitement en musique tous les détails. Parmi les rares moments de bonheur partagés, chacun de son côté, au cours de cette visite menée au pas de course, les retrouvailles avec des amis. L’Ambassadeur Degallaix était, en effet, heureux de revoir parmi la délégation officielle française nombre d’amis et son homologue Najjar croulait sous les embrassades des siens retrouvés à Tunis.
En direct avec Paris. Même en déplacement à l’étranger, les membres du gouvernement français accompagnant le Premier Ministre, comme tous les autres officiels et « la suite technique » sont restés en contact direct avec Paris. Par téléphone et fax mais surtout BlackBerry. Pas une minute à perdre, ils continuent à tout suivre de près. A la moindre occasion ou nécessité, leurs collaborateurs s’arrangent pour leur faire parvenir une revue de presse, un document urgent et même un courrier à signer. C’est ainsi qu’Alain Joyandet, secrétaire d'État chargé de la Coopération et de la Francophonie a été surpris par l’excellent chasseur d’images, Mohamed, en train de signer son courrier, en face du Palais du Gouvernement à la Kasbah, profitant d’un moment de répit avant la séance de travail présidée par les deux premiers ministres.
Commerce Extérieur. Profitant de sa visite à Tunis, M. Luc Chatel, secrétaire d’Etat chargé de l’Industrie et de la Consommation, auprès de la ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi, porte-parole du Gouvernement a rencontré les Conseillers du Commerce Extérieur français en poste en Tunisie. Le dernier membre à rejoindre ce « corps » est M. Patrick Courtot, Groupama – Star. Choisis pour leur compétence et leur expérience à l’international, et nommés pour 3 ans par décret du Premier ministre, ils mettent, depuis 110 ans, bénévolement leur expérience au service de la présence économique française dans le monde.
Scénarisation. Le décor compte beaucoup pour les reprises télé. La salle devant abriter la conférence de presse de François Fillon, au siège de l’UTICA, a été soigneusement aménagée. Un fond de scène bleu, éclairé par trois faisceaux lumineux, les drapeaux français, européen et tunisien, bien positionnés pour cadrer le Premier ministre et un pupitre transparent avec une plaque mentionnant le lieu et la date.
Instanneité. Le service de presse de Matignon est rôdé. A peine, François Fillon a t-il commencé son discours, le texte intégral est remis aux journalistes présents, mais aussi envoyé par e-mail à la presse. Plus, une vidéo intégrale est mise en ligne sur le site du Premier Ministère, avec un reportage photo, quasiment en direct.
Tous présents. Grands groupes économiques et figures marquantes de la coopération tuniso-française ont tenu à prendre part aux différentes séquences de la visite. Aucune absence n’était signalée, bien au contraire, nombre de fondateurs de grands groupes étaient accompagnés de la génération de relève. Autre présence significative, celle de grands avocats et lobbyistes des deux rives, venus accompagner leurs clients, humer l’air du temps et prospecter de nouvelles opportunités.
Moncef Mzabi. Première sortie officielle de Moncef Mzabi en sa nouvelle qualité de président de l’association d’amitié Tunisie-France. Un bon démarrage à l’occasion d’une grande visite et en présence d’un aréopage d’affaires et académique.
Eliès Jouini. Le Vice-président de Paris Dauphine, Elyès Jouini, invité de François Fillon, était très sollicité au cours de cette visite. Universitaires et officiels français, Valéry Pécresse, Ministre des Universités en tête, chefs d’entreprises et officiels tunisiens, de leur côté, n’ont pas manqué de s’entretenir avec lui.
Ridha Ferchiou. Présence remarquée au cours du Forum d’Affaires de Ridha Ferchiou, ancien Directeur de l’IHEC et Ministre de l’Education, qui vient d’achever son mandat de Président du Conseil Supérieur de la Statistique. Retrouvant parmi la délégation française de nombreux présidents d’université, il était ravi de renouer le contact avec ses pairs. Une perspective en l’air, avec tous les projets qui se montent et la co-diplomation ?
Parfait Duo. Eric Hayat et Tarek Chérif sont aux anges. Le tandem Medef-Utica qui a organisé le Forum d’affaires a encore une fois bien réussi sa prestation. D’une même voix, ils ont animé les débats et tenu le timing. Mais, le plus important à leurs yeux, c’est la participation massive, la représentation à haut niveau et la qualité des interventions. Une véritable réussite.
Stages en langue arabe. Il n’y a pas que la francophonie qui ait été au cœur de la visite de François Fillon à Tunis. La langue arabe a figuré également, et en bonne place- dans les entretiens bilatéraux. C’est ainsi que Valérie Pécresse, Ministre française des Universités a évoqué avec son homologue tunisien, Lazhar Bououni le renforcement des stages de langue arabe en Tunisie au profit des étudiants français. Voilà une bonne opportunité que peuvent saisir, non seulement l’Institut des Langues Vivantes, qui jouit d’une grande expérience en la matière, mais aussi d’autres établissements universitaires, publics et privés, dans toute la Tunisie.
Magnifique bâtisse ! Hédi Djilani était fier de faire le tour du propriétaire à ses invités. le nouveau siège de l’Utica est impressionnant. Si la tour centrale, consacrée aux bureaux et salles de réunions, allie fonctionnalité et modernisme, le centre de congrès, au rez-de-chaussée, offre toutes les commodités. Accès direct sur un parking privatif, de larges halls avec vestiaires et locaux techniques, une grande salle adossée à une série de salles modulaires. Le luxe en prime. Un détail de taille, la performance des équipements technologiques et la qualité de l’acoustique. De là à penser y donner un concert de musique classique : pourquoi pas ? dira Djilani.
Partenariat avec la Tunisie: Un remède anticrise
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Je voudrais donc me limiter à souligner trois idées forces : 1- La Crise est bien entendu une contrainte forte mais peut être aussi une opportunité. 2- Le partenariat industriel entre les entreprises de nos deux pays est un partenariat gagnant gagnant. 3- L’évolution récente de ce partenariat dans un bon nombre de cas vers la remontée des filières et l’innovation.
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2- La deuxième idée que je voudrais souligner est qu’il ne faut pas se tromper de concurrent et contrairement à certaines idées reçues lorsqu’une entreprise française s’implante en Tunisie, dans la majorité des cas, elle pérennise l’emploi en France. Ce qui n’est pas le cas dans les délocalisations lointaines et totales qui différent de ce que je qualifierais d’implantations de proximité et de complémentarité.
Et ce n’est pas des paroles en l’air, les données globales et les centaines de cas de partenariat illustrent bien cette idée. D’abord les données globales, elles montrent bien qu’entre la Tunisie et la France c’est bien un partenariat gagnant gagnant.
Ainsi entre 1995 et 2008 les échanges entre nos deux pays ont plus que triplé passant de 2 à près de 7 Milliards d’Euros. Les exportations industrielles tunisiennes vers la France ont quadruplé passant de 1 à 4 Milliards d’Euros. Mais les importations par la Tunisie de produits français ont triplé passant de 1 à 3 Milliards d’Euros.
Cette dynamique a permis aussi de tripler le nombre d’entreprises industrielles françaises installées en Tunisie passant de 400 à 1200 (tous les cinq jours une nouvelle entreprise française s’implante en Tunisie et le processus continu), ce qui a permis de doubler les emplois que ces entreprises ont engendré, ce nombre passant de 50.000 à 100.000 entre 1995 et 2008.
Mais ces 100.000 emplois crées en Tunisie ont permis d’en créer ou d’en pérenniser autant en France, la meilleure preuve provient des centaines d’exemples concrets.
Nous allons en découvrir quelque uns, forts instructifs, dans un instant, je pourrais en citer beaucoup d’autres qui illustrent parfaitement que les quelques 2000 entreprises européennes implantées en Tunisie dont plus de la moitié sont françaises tirent une partie de leur potentiel de croissance de leur site tunisien.
Cela rejoint le slogan de notre campagne promotionnelle présenté il y a un instant : Looking for Grouth Think Tunisia : The Euromed Valley for Industry and Technology. Autrement dit en bon français : le partenariat avec la Tunisie, c’est un remède anti-crise. Cette campagne promotionnelle sera menée conjointement avec l’UTICA démarrera en Europe à partir de début mai.
Dans ce cadre, permettez-moi de rappeler ici le témoignage de l’entreprise CORTIS présenté l’an dernier :
CORTIS est une société française dans les TIC :
- En 2004, elle avait 50 emplois en France et était soumise à une vive concurrence.
- Elle a crée une filiale en Tunisie et a maintenant 700 emplois en France et 500 en Tunisie.
De même l’entreprise de confection « C2S » :
- En 2000 elle avait 140 emplois en France dans un bassin qui perdait ses entreprises textiles,
- En s’implantant en Tunisie, « C2S » a échappé au sort de ses nombreuses consoeurs qui ont fermé, elle a préservé ses emplois en France et a crée 200 emplois en Tunisie.
Ces exemples et tant d’autres montrent qu’une péréquation de coût entre sites de part et d’autre de la méditerranée renforce la compétitivité globale de l’ensemble.
Une autre composante de ce partenariat gagnant qui contribue à la progression de nos échanges, c’est la politique de contrepartie industrielle (pour ne pas utiliser le mot en principe proscrit de compensation) qui a fait ses preuves dans l’automobile et l’aéronautique.
En effet, si contrairement à la plupart des pays en développement, le parc automobile tunisien est quasi exclusivement européen et non asiatique cela est sans doute du à la compétitivité de l’industrie européenne, mais pas seulement, car c’est un choix volontariste du gouvernement tunisien en contrepartie de la fabrication de composants en Tunisie.
De même dans l’aéronautique avec le projet phare d’AEROLIA en contrepartie de contrats à long terme d’achat d’Air Bus.
Tout cela pour redire que si la crise induit des fortes pressions à court terme, elle présente aussi des opportunités structurelles.
C’est ce qui se dégage de l’étude stratégique 2016 qui fixe des objectifs ambitieux : doublement des exportations et 100.000 créations nettes d’emplois industriels à cet horizon.
Un certain nombre de facteurs objectifs comme le renchérissement des pays de l’Est, un relatif retour de Chine et la montée en gamme de nos avantages comparatifs font que les prochaines années seront très porteuses pour l’industrie tunisienne et pour les partenaires qui voudront bien s’y associer.
Evolution de nos avantages comparatifs cela se traduit en particulier par l’innovation et la remontée de filière qui est en marche, de la sous-traitance à la co-traitance et au développement, c’est la TROISIEME IDEE que je voulais souligner.
SAGEM, TELNET, ACTIA, ST MICROELECTIQUE et tant d’autres entreprises ont depuis peu lancé, en parallèle à leurs unités industrielles, des bureaux d’ingeniering et de conception.
Notre plan stratégique vise à décupler le nombre d’ingénieur travaillant dans ce type de structure.
Ce plan stratégique a aussi mis en évidence une liste d’une vingtaine de technologies clés à maîtriser : Electronique embarquée, Mécatronique, Calculs hautes performances, Multiplexage, Textiles et Plastiques techniques, Matériaux composites,…je ne citerais pas toute la liste.
D’autre part, nous sommes passés entre 1995 et 2008 de moins de 100 000 à 360 000 étudiants, soit 3,6 % de la population à l’université, un taux similaire au taux français.
Ce potentiel de ressources humaines, les moyens conséquents consacrés à l’éducation (20% du budget) et à la recherche développement (1,25 % du PIB) rendent crédible et nécessaire cette évolution par le haut de notre partenariat.
Les accords que nous avons déjà eu le plaisir de signer entre les deux Ministères français et tunisiens de l’industrie concernant notamment les partenariats entre pôles de compétitivité et entre centres techniques industriels des deux pays ainsi que les accords entre pôles qui seront signés cet après midi sont une illustration de notre volonté commune d’aller de l’avant dans cette voie du partenariat renforcé, un partenariat par le haut, par l’innovation et le développement technologique conjoint.
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Afif Chelbi
Ministre de l’Industrie, de l’Energie et des PME
Intervention lors du Forum d’Affaires Tuniso-Français A l’occasion de la Visite du Premier Ministre Français, M. François Fillon à Tunis le 24 avril 2009
