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Fillon vante la réussite économique de la Tunisie et sa "démocratisation"

TUNIS (AFP) — François Fillon a poursuivi vendredi sa visite de travail en Tunisie en vantant ses résultats économiques "impressionnants" malgré la crise qui s'accompagnent selon lui d'une "démocratisation", à quelques mois d'élections générales sans garantie de compétition réelle.

Le chef du gouvernement français a jugé "fructueux" ce déplacement car il a permis de "tenir tous les engagements pris" par Nicolas Sarkozy lors de sa visite officielle l'an dernier: accords de coopération en matière de nucléaire civil et de transports notamment.

"C'est un lieu commun de dire que les relations franco-tunisiennes sont excellentes et nous voulons encore les développer", a affirmé M. Fillon devant des chefs d'entreprises tunisiens et français réunis pour un forum sur la crise économique.

Un marasme mondial dont la Tunisie se sort plutôt bien avec une prévision de croissance d'environ 3% en 2009 selon Paris (4,5% selon Tunis). "La Tunisie, grâce à une gestion prudente, a des fondamentaux solides et présente des résultats impressionnants", a jugé M. Fillon.

La France, déjà premier partenaire économique de Tunis, espère profiter de cette manne en augmentant les échanges commerciaux et en conquérant de nouvelles parts de marché. Quelque 1.200 entreprises françaises, qui emploient un peu plus de 100.000 Tunisiens, sont déjà installées en Tunisie.

M. Fillon s'est félicité de l'intention de la Tunisie de commander 16 rames de tramway au français Alstom de 65 millions d'euros.

Et si Paris n'a pas l'intention de "réduire son aide" malgré les difficultés économiques comme l'a expliqué M. Fillon, c'est aussi dans l'espoir de décrocher de nouveaux contrats.

Outre les 80 millions d'euros de l'Agence française de développement (AFD) accordés jeudi, M. Fillon a annoncé 15 millions d'euros pour construire une école d'ingénieurs à Bizerte.

Par ailleurs, des accords de partenariat ont été conclus vendredi entre le pôle de compétitivité tunisien d'El Ghazala et trois pôles français (Paris, Lyon et Sophia-Antipolis) "pour être plus forts sur les marchés asiatique et américain".

Temps fort de cette seconde journée: un entretien avec Zine El Abidine Ben Ali. Outre les dossiers diplomatiques du moment dont l'Union pour la Méditerranée (UMP), M. Fillon a assuré "avoir évoqué" avec le président tunisien les droits de l'Homme et la démocratie.

"Nous les évoquons à chaque fois que nous avons l'occasion de nous rencontrer et nous le faisons dans l'esprit d'améliorer les choses", a-t-il dit en répondant à la presse française. Jusque-là, François Fillon avait fait l'impasse sur ce sujet sensible.

En avril 2008, M. Sarkozy s'était risqué sur ce terrain pour louer les "efforts" de la Tunisie, déclenchant une polémique en France.

En Tunisie, "la démocratisation est un processus continu", selon M. Fillon. Il s'est ainsi félicité de la volonté du président tunisien d'appeler des observateurs internationaux aux prochaines élections.

M. Ben Ali briguera à l'automne un cinquième quinquennat avec la quasi-certitude d'être réélu face à une opposition marginalisée.

Nombre d'opposants et de défenseurs des droits de l'Homme tunisiens se plaignent régulièrement d'atteintes aux libertés qui se traduisent notamment par des intimidations et des menaces.

"La France, a plaidé M. Fillon, a une attitude bien connue: nous ne donnons pas de leçons et en même temps nous sommes très attentifs à la question du respect des droits de l'Homme".